ÉCOLE COLLÈGE

SAVIO

École-Collège Savio

Une pédagogie novatrice et adaptée

Informations

Partager sur print
Partager sur email
Partager sur facebook
Partager sur twitter

Christophe Labrousse : un homme en devenir

Nous avons deman­dé à Cathe­rine Bré­jat l’au­to­ri­sa­tion de repro­duire sur notre site le por­trait très per­son­nel qu’elle a réa­li­sé de notre direc­teur sur son blog. Vous le décou­vri­rez ci-des­sous.

Péda­gogue, direc­teur-fon­da­teur du col­lège Domi­nique Savio, Chris­tophe Labrousse cache sous un front lisse et une sil­houette élé­gante, une per­son­na­li­té très construite. Il a fêté ses 50 ans cette année, date char­nière pour le deve­nir de son exis­tence. Por­trait.

Fils ainé de com­mer­çants aisés de Cha­rente-Mari­time, cet enfant épris d’idéal et d’harmonie a le sen­ti­ment d’être né au mau­vais endroit, dans une famille avec laquelle il n’a rien à voir.

La sco­la­ri­té de Chris­tophe se passe bien ; il tra­vaille beau­coup, par goût et pour se faire recon­naître, mais ne réus­si­ra jamais à cor­res­pondre à ce que ses parents attendent de leur des­cen­dance. Incons­ciem­ment peut-être, fait-il exprès de ne pas répondre à leurs attentes… C’est une famille où l’on ne se parle pas et dans laquelle les enfants n’ont qu’un droit, celui de se taire. Chris­tophe déve­lop­pe­ra ain­si son apti­tude à écou­ter ain­si qu’à obser­ver.

Vers six ans, il découvre la magie de la musique à tra­vers les chants de la cho­rale de Jacques Dus­souil à l’église Notre-Dame de Royan. C’est une révé­la­tion. La musique lui per­met­tra de s’épanouir dans la joie et lui offri­ra des ren­contres enri­chis­santes. L’harmonie est une recherche constante de l’existence de Chris­tophe, qu’il s’agisse de sa vie per­son­nelle ou de celle des Savio­tins à qui il sou­haite « faire écrire une par­ti­tion qui sonne juste avant qu’ils ne quittent le Col­lège Savio ». Il est d’ailleurs sen­sible à toute forme d’expression artis­tique, que ce soit la musique, la pein­ture ou le théâtre.

Il s’échappera le plus tôt pos­sible de ce milieu fami­lial fer­mé, plein de pré­ju­gés et de jalou­sie latente en pour­sui­vant des études uni­ver­si­taires à Poi­tiers. Paral­lè­le­ment, il est sur­veillant d’externat dans un col­lège de Royan où on lui pro­pose d’assurer les cours de Fran­çais d’une classe de cin­quième pour enfants en dif­fi­cul­té. Une licence de Lettres modernes et un DEUG d’Histoire de l’art en poche, il se rend à Paris où il fré­quente les cours d’histoire et de phi­lo­so­phie de la Sor­bonne et s’informe de tout ce qui est sciences de la péda­go­gie. Il ne sait pas encore pré­ci­sé­ment ce qu’il veut faire de sa vie pro­fes­sion­nelle, mais il est cer­tain que ce sera dans l’enseignement ; il aime­rait tra­vailler avec des ado­les­cents car cette période de la vie est un moment-clé de leur deve­nir. Mais à condi­tion de le faire à sa manière. Et dans ce domaine, le jeune homme issu d’une petite bour­geoi­sie, plu­tôt tra­di­tion­nelle, a des idées révo­lu­tion­naires

Sur le plan per­son­nel, il se cherche. Un pre­mier mariage se ter­mi­ne­ra mal : il n’est pas prêt et doit encore se construire. Sa conscience, tou­jours inquiète, a besoin d’un inter­lo­cu­teur bien­veillant qui l’aide à deve­nir lui-même et à se débar­ras­ser du car­can de son édu­ca­tion. C’est avec Isa­belle, sa seconde épouse, qu’il va prendre le contrôle de sa vie. C’est avec elle éga­le­ment qu’il se lan­ce­ra dans la folle aven­ture du Col­lège Savio. Leur couple, solide, résiste à tout : aux pro­blèmes maté­riels aus­si bien qu’à la sus­pi­cion ou à la calom­nie dont ils ne man­que­ront pas d’être l’objet lors des années dif­fi­ciles de la créa­tion de leur éta­blis­se­ment sco­laire. Chris­tophe se sent bien dans cette cel­lule fami­liale où le rôle qui lui est impar­ti cor­res­pond à sa concep­tion du monde. Hon­nê­te­té, droi­ture, impli­ca­tion carac­té­risent le chef de famille sur qui Isa­belle peut se repo­ser, même si c’est elle, qui dis­po­sant du recul néces­saire, le recadre de temps à autre pour lui per­mettre de mieux rebon­dir.

À 32 ans, une nou­velle vie s’offre à Chris­tophe

En 1999, son père décède à l’âge de 57 ans. Chris­tophe a 32 ans et lorsqu’il évoque cette période, il dit : « J’ai com­men­cé à vivre à ce moment-là ». Il accom­pagne son père jusqu’à son der­nier sou­pir et se pré­oc­cupe des obsèques. Une page se tourne et il tient à ce qu’elle le soit décem­ment, a contra­rio de la manière dont son père a vécu.

Sa vie com­mence à 32 ans. C’est peut-être l’explication de cette urgence qui le conduit d’une acti­vi­té à une autre sans jamais s’arrêter. Rat­tra­per le temps per­du, tes­ter ses limites pour mieux appré­cier qui il est et ce qu’il peut réa­li­ser. À Savio, il n’a plus rien à prou­ver. À Saint-Léger de la Mar­ti­nière, dont il s’est retrou­vé maire alors que cela ne fai­sait pas par­tie de ses objec­tifs, il a décou­vert que la vie publique l’intéressait, main­te­nant qu’il est sûr de lui et plus mûr. Vice-pré­sident des Affaires sco­laires à la Com­mu­nau­té de com­munes du Mel­lois, il y a fait du bon tra­vail, mais ce qui lui reste de naï­ve­té, cette part d’innocence qu’il porte encore en lui et le rend sym­pa­thique, lui a joué des tours. Il a cru que com­pé­tence et digni­té suf­fi­raient à le faire réélire à ce poste lors des dif­fé­rentes fusions qui ont don­né nais­sance, en début d’année 2017, à l’Établissement Public de Coopé­ra­tion Inter (EPCI). Désor­mais, il sait que la bien­séance n’est pas for­cé­ment de mise dans la vie publique et qu’il faut s’exposer et faire cam­pagne.

Chris­tophe Labrousse vient de ter­mi­ner le manus­crit d’un second livre, très dif­fé­rent du pre­mier, fruit de vingt ans d’expérience et d’observation, qui donne du sens à l’école de demain et montre en même temps le che­min par­cou­ru depuis la rédac­tion de son pre­mier ouvrage..

En fait, Chris­tophe a besoin de com­pé­ti­tion pour se sen­tir exis­ter. Il exige tou­jours plus et mieux de lui-même. Mais quelle sera la taille du pro­chain chal­lenge, alors qu’il vient d’aborder le virage de la cin­quan­taine et son cor­tège de ques­tion­ne­ments ? Il a atteint sa pleine matu­ri­té intel­lec­tuelle et il est à la recherche d’une nour­ri­ture qui cor­res­ponde et soit capable d’alimenter son évo­lu­tion pro­fonde.

Cathe­rine Bré­jat