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Compte-rendu de l’atelier du 18 mai 2019

LE CERCLE DES PARENTS PAS CARRÉS – 10e SÉANCE – 18 mai 2019

Madame Émi­lie MICHEL

psy­cho­pé­da­gogue et coach paren­tale a ani­mé cet ate­lier dont le thème était :

« Res­tau­rer l’estime de soi »

COMPTE RENDU

I – LES SIGNES EXTÉRIEURS VOLONTAIRES ET INVOLONTAIRES

 L’estime de soi est vitale, autant que le sont les actions de boire ou man­ger. Il est impé­ra­tif de la pré­ser­ver chez l’enfant et l’adolescent.

Le propre de l’adolescent est qu’il ne pos­sède pas encore ses propres valeurs. Il va avoir ten­dance à cher­cher des signes exté­rieurs chez les figures d’attachement (les parents et les sub­sti­tut paren­taux : nou­nous ou édu­ca­teurs). Ces signes sont de deux ordres :

  • des signes volon­taires
  • des signes invo­lon­taires.

Il faut se poser la ques­tion de savoir com­ment les enfants vont se qua­li­fier à tra­vers les signes qu’on leur envoie. Par exemple : un enfant casse un objet. On ramasse les mor­ceaux à sa place sans rien dire, mais en mani­fes­tant son mécon­ten­te­ment. Quel mes­sage fait-on pas­ser ? On attaque sa confiance en lui et on va atté­nuer son estime de soi.

Il est pré­fé­rable de dire : « je suis éner­vé » pour évi­ter une confu­sion des affects. On doit éclair­cir la situa­tion car nous pou­vons nous-mêmes avoir eu un pro­blème au tra­vail qui va venir s’ajouter et per­tur­ber notre réac­tion.

Les ado­les­cents sont en perte de repères totale, il faut donc faire très atten­tion à ce que l’on dit, toute parole pou­vant avoir une réson­nance insoup­çon­née.

Les signes volon­taires

Concer­nant les enfants qui n’arrivent pas à trou­ver leur place dans le milieu sco­laire, com­ment fait-on pour mettre en place les méca­nismes de défense ?

Com­ment font les parents pour émettre des signes volon­taires pour don­ner confiance à leurs enfants dans le cas d’une bonne note par exemple ?

  • Je suis content de toi
  • Je suis fier
  • C’est super ! (quel mes­sage retient-il ? Qu’est-ce qu’il peut en faire par la suite si ce n’est conti­nuer à avoir de bonnes notes).
  • Tu t’es don­né les moyens
  • Tu aurais pu mieux faire

Que faut-il dire à nos enfants pour les valo­ri­ser ?

Dans le cas d’une uti­li­sa­tion réduite de gros mots par exemple, on peut lui dire :

  • Tu es en train de te poser.

Géné­ra­le­ment, lorsqu’il y a moins de gros mots, c’est que l’enfant se pose.

En fait avec nos enfants, c’est la même chose que si nous plan­tions des graines. Que plan­tons-nous ? Des graines de cou­rage par exemple, mais aus­si de beau­coup d’autres choses.

Quand on dit à l’enfant comme dans l’exemple ci-des­sus : « C’est super », il va se sen­tir fort. Mais quand vous n’êtes pas là pour le lui dire, que se passe-t-il ?

Si l’adulte dit : « C’est super », il se crée une rela­tion de dépen­dance. Il vaut mieux dire :

  • Je suis content pour toi (et pas seule­ment je suis content car c’est pour toi que tu le fais)

Dire : « tu tra­vailles pour toi » est trop géné­ral et ne marche pas, alors que « je suis content pour toi » est plus pré­cis.

Le regard que l’adulte pose sur l’enfant quand il lui dit « fais-toi confiance » est un regard qui construit. L’enfant pense : s’il pose ce regard-là sur moi, c’est bien.

Les notes, c’est le résul­tat du tra­vail, mais un résul­tat ponc­tuel. C’est le juge­ment du tra­vail par un pro­fes­seur à un moment don­né. La manière paren­tale d’apprécier ne doit pas se situer dans l’ordre, mais indi­quer : « regarde ta vic­toire, c’est la tienne ! ». Même chose pour les gros mots, le parent doit consta­ter : « tu as un meilleur lan­gage. »

L’adulte n’est pas tou­jours patient, cou­ra­geux, etc., il com­met des erreurs. C’est la même chose pour l’adolescent. D’ailleurs sans ces erreurs, il lui serait impos­sible d’apprendre ou de pro­gres­ser et ne pas assu­mer ses erreurs est la porte ouverte à la déres­pon­sa­bi­li­sa­tion À chaque fois que l’adulte sou­ligne une atti­tude ou un fait, il s’agit d’un signe exté­rieur qui ren­force l’estime de soi. Les enfants ont besoin que ce soit extrê­me­ment clair.

Nous sommes des êtres de lan­gage, tout passe donc par les mots, mais il faut aus­si faire atten­tion au lan­gage cor­po­rel, qui exprime beau­coup de choses, et à l’intonation avec laquelle vous par­lez.

Quand on veut valo­ri­ser un com­por­te­ment, on dis­tingue bien l’individu de ses actes : on dis­tingue l’être et le faire.

En cas d’irrespect ou de vul­ga­ri­té de la part d’un ado­les­cent, on doit lui dire : « Je ne peux pas être en rela­tion avec quelqu’un qui me parle de la sorte. »

II – COMMENT PEUT-ON VALORISER LE COMPORTEMENT DE L’ENFANT

Pour ren­for­cer et libé­rer l’estime de soi

1 – on va décrire le com­por­te­ment et nom­mer la com­pé­tence :

« je vois que tu t’es habillé tout seul, ça c’est de l’autonomie. »

Quand il arrive avec une bonne note, il n’y a pas de com­pé­tence dont il va pou­voir se ser­vir à un autre moment. On va décor­ti­quer de quoi il a été capable pour qu’il puisse se dire « Ah, mais j’ai été capable de ça ! »

Par­ler sans dire de gros mots relève de quelle atti­tude ? C’est une mani­fes­ta­tion de res­pect.

Il faut faire très atten­tion à ne pas rabais­ser l’estime d’un enfant qui a déjà une petite estime de soi.

Il peut arri­ver que l’enfant se mette dans un rôle. Pre­nons par exemple un petit gar­çon de quatre ans qui joue cal­me­ment. Il entend à plu­sieurs reprises son entou­rage répé­ter : qu’est-ce qu’il est calme, qu’est-ce qu’il est gen­til, etc. Il va pen­ser que c’est l’attitude que ses parents attendent de lui. Quant aux parents, ils vont confondre entre la réelle per­son­na­li­té de l’enfant et son atti­tude basée sur ce qu’il croit que ses parents attendent de lui. Cela va créer ce que l’on appelle le tem­pé­ra­ment de l’enfant, c’est-à-dire une « habi­tude émo­tion­nelle apprise ». C’est une réac­tion qui répond à l’étiquette « il est gen­til ». L’enfant répond par rap­port à l’étiquette. Prendre l’autre en compte est une bonne chose, mais pas à ses dépens. L’étiquette est créée grâce aux signes exté­rieurs. Dans ce cas de figure l’enfant se construit avec l’étiquette et cela biaise tout à l’âge adulte. Cela empêche le res­pect de soi, car se res­pec­ter c’est d’abord se connaître.

Il faut pro­té­ger les enfants et ados des réseaux sociaux qui ont des effets catas­tro­phiques sur l’estime de soi.

Si un enfant déclare : « Je suis nul », quelle signi­fi­ca­tion cela-a-t-il ? Nul, c’est le néant. Que l’enfant pense de lui-même qu’il est capable de zéro com­pé­tence ? C’est sa res­pon­sa­bi­li­té de se voir ain­si et il faut lui rap­pe­ler ce qu’il a fait de bien.

2 – Décrire ce que l’on res­sent.

« C’est un véri­table plai­sir que d’entrer dans cette chambre »

3 – Le pla­cer dans des situa­tions qui lui per­mettent de se voir dif­fé­rem­ment

« Élise vou­drais-tu prendre le tour­ne­vis et res­ser­rer les poi­gnées de ces tiroirs ? »(com­pé­tence de l’habileté)

4 – Faire en sorte qu’il vous entende dire des choses posi­tives à son sujet

« Il a tenu son bras bien droit, même si le vac­cin lui fai­sait mal (com­pé­tence du cou­rage)

5 – Don­ner vous-même l’exemple

« C’est pénible de perdre, mais je vais quand même être bon joueur. Féli­ci­ta­tions ! » (com­pé­tence de fair­play)

6 – Être le coffre aux tré­sors de ses bons coups

« Je me sou­viens de la fois où tu t’es fait vac­ci­ner. Le cou­rage dont tu as fait preuve !