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Savio a 25 ans

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ado

25 ans de réflexion encore et toujours

Pour tra­vailler effi­ca­ce­ment avec un ado, je m’at­tache avant tout à le consi­dé­rer dans la glo­ba­li­té de son his­toire, en ne m’ar­rê­tant pas sur ses pro­blèmes du moment.

Par notre pas­sage sur terre, nous contri­buons à construire une socié­té en appor­tant notre pierre à l’édi­fice com­mun. L’his­toire de cha­cune et cha­cun d’entre nous a donc toute son impor­tance dans cette construc­tion de l’His­toire au sens de mise en pers­pec­tive collective.

Or, notre époque vit dans notre logique du tout, tout de suite, accen­tuée par un « zap­ping » et un consu­mé­risme géné­ra­li­sés affec­tant tous les domaines.

Pris dans ce tour­billon, com­ment les ados peuvent-ils encore par­ve­nir à se construire serei­ne­ment ? Pour peu que leur famille ne leur ren­voie pas une image forte avec des repères, un élan, des idées, des espoirs, des pro­jets… la tâche devient impos­sible et ils perdent pied. Qui pour­rait leur en vouloir ?

J’a­jou­te­rai que chez nous, autre­fois, exis­taient – comme encore aujourd’­hui dans d’autres civi­li­sa­tions – une ritua­li­sa­tion du pas­sage de la puber­té à l’âge adulte four­nie, par exemple, par le ser­vice mili­taire ou la reli­gion, pour ce qui concerne notre socié­té. Ces repères dis­pa­rus n’ont pas été rem­pla­cés. De ce fait, les jeunes se débrouillent en s’au­to-ini­tiant. Appa­rence ves­ti­men­taire, tatouages, voire sca­ri­fi­ca­tions, absen­téisme sco­laire, conduites à risques… sont autant de signes de plus en plus accen­tués d’un appel à la recon­nais­sance et sou­vent per­çus comme pathologiques.

Or, en ren­voyant sys­té­ma­ti­que­ment aux jeunes une mau­vais image, la socié­té induit leurs problèmes.

Paral­lè­le­ment, le concept d’au­to­ri­té s’est distendu.

Manque de maturité ? Fuite pure et simple de ses responsabilités ? Ou plutôt désir de vouloir bien faire (souvent trop !) ?

Les adultes ne savent plus très bien com­ment et où se situer par rap­port à l’é­vo­lu­tion de notre monde. Il n’empêche ! Rien n’o­blige les parents d’au­jourd’­hui à rebrous­ser che­min dès qu’ils sentent appro­cher le conflit, au pré­texte qu’il ne faut pas trau­ma­ti­ser ces chers petits. Je dirais même « au contraire » ! La dis­cus­sion, l’argu­men­ta­tion, les prises de posi­tion contra­dic­toires sont autant de moments construc­tifs pour la per­son­na­li­té, qu’il serait dom­ma­geable de fuir.

Les jeunes ont besoin de sen­tir qu’il y a des limites à ne pas fran­chir, qu’une auto­ri­té est là pour les épau­ler en fai­sant fonc­tion de « tuteur ». Ils n’en n’ont que plus de res­pect pour ceux qui sont capables d’en faire preuve.

Comment en sommes-nous arrivés à cette situation où de trop nombreux parents souffrent d’un véritable sentiment d’impuissance ?

En cin­quante ans, toute notre socié­té a chan­gé : les femmes ont conquis le mar­ché du tra­vail, leur indé­pen­dance, la pos­si­bi­li­té de déci­der de leur mater­ni­té. La place du père a été contes­tée, les divorces se sont mul­ti­pliés, entraî­nant dif­fé­rentes formes de com­po­si­tions et recom­po­si­tions fami­liales. Dans le même temps, on a assis­té à une fré­né­sie de consom­ma­tion dans un monde du tout jetable domi­né par les valeurs maté­rielles et économiques.

Accélération des rythmes de manière générale, recherche du plaisir instantané, quête de l’épanouissement personnel… Le « tout, tout de suite » et son corollaire le « moi d’abord » sont en marche, et ils sont bien difficiles à arrêter…

De ce fait, l’en­fant ne relève plus de la concep­tion qu’on en avait hier. Il n’est plus le maillon néces­saire à la sur­vie d’une espèce. D’a­bord consi­dé­ré comme son pro­lon­ge­ment, il naît du désir d’un couple, à un moment choi­si par lui, avant de deve­nir un indi­vi­du à part entière.

On le met au monde davan­tage pour qu’il nous apporte cha­leur, affec­tion, fier­té… que pour ce qu’on peut lui don­ner à lui. Certes, tout est tour­né vers son bon­heur, mais à condi­tion qu’il ne dif­fère pas de celui de ses parents.

On oublie trop sou­vent aujourd’­hui que, mal­gré toutes les évo­lu­tions pos­sibles et ima­gi­nables, cet enfant n’est pas un adulte en minia­ture, mais il reste tou­jours un petit d’homme, qui, grâce à l’é­du­ca­tion, doit pro­gres­si­ve­ment gran­dir et deve­nir majeur.

L’appren­tis­sage des frus­tra­tions fait par­tie de cette édu­ca­tion : même tout petit, l’en­fant doit apprendre à dif­fé­rer ses dési­rs, à com­prendre qu’il n’au­ra pas tou­jours tout ce qu’il veut, quand il le veut. Il lui faut des limites, un cadre dans lequel il pour­ra s’é­pa­nouir. De nom­breux parents aujourd’­hui refusent le conflit. Ils laissent faire leur ché­ru­bin, l’é­coutent, le valo­risent, lui évitent les contraintes… pour­vu qu’il les aime !

Ces parents-là sont res­tés les enfants de leurs propres parents. Pour savoir dire « non » à ses enfants, il faut être capable de le dire aus­si à ses parents.

Or, l’heure n’est plus à la négo­cia­tion : horaires des repas, du jeu, des devoirs, du bain, du cou­cher… Pas ques­tion de dis­cu­ter : il faut savoir fixer des normes, des rythmes, les expli­quer sans doute, mais sur­tout faire preuve d’au­to­ri­té pour les impo­ser. A l’in­verse, si l’on fuit les oppo­si­tions et les conflits « pour avoir la paix », on court à la catastrophe.

Sans comp­ter que, de sur­croît, pour com­pen­ser leur absence et « l’a­ban­don » de leurs enfants pen­dant qu’ils sont au tra­vail, les parents « se rachètent » par des cadeaux et gra­ti­fi­ca­tions immé­diates, s’en­clen­chant dans un dan­ge­reux et irré­ver­sible pro­ces­sus d’escalade.

Je suis sur­pris, sou­vent tou­ché, de rece­voir, éma­nant de parents de Savio­tines et de Savio­tins, des cour­riers dans les­quels ils s’é­panchent, voire s’ex­cusent, de n’a­voir pas su éle­ver leurs enfants.

Christophe Labrousse

Fondateur et Directeur de l’Ecole-Collège Dominique Savio

Président de l’association Le Cercle des Parents pas Carrés

Le Cercle des parents pas Carrés
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