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Une pédagogie novatrice et adaptée

L'école des parents

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Réunion du Cercle des Parents pas Carrés du 24 mars 2018

Angèles Del­becq et Alexan­dra Tour­nay écou­tant l’as­sis­tance s’ex­pri­mer

COMPTE RENDU DE LA 3e SÉANCE DU 24 MARS 2018

Une tren­taine de per­sonnes consti­tuée de parents d’élèves, d’enseignants et de pro­fes­sion­nels de san­té était pré­sente lors de cette 3e séance de l’école des parents

Le thème à l’ordre du jour : la vio­lence sous toutes ses formes. Deux inter­ve­nantes : Angèle Del­becq (assis­tante de vie, char­gée de mis­sion han­di­sports et sport adap­té) et Alexan­dra Tour­nay (chef de pro­jet et for­ma­trice, char­gée de mis­sion han­di­sports et sport adap­té) étaient pré­sentes. Toutes deux sont confron­tées quo­ti­dien­ne­ment à la vio­lence. Angèle Del­becq la ren­contre dans l’exercice de son métier, Alexan­dra Tour­nay ayant choi­si de faire des études en sciences humaines et sociales ne peut l’éviter.

Elles invi­tèrent les par­ti­ci­pants à racon­ter dans quel contexte ils avaient été confron­tés à la vio­lence et, à par­tir des témoi­gnages expri­més, mon­trèrent les nom­breuses forment que celle-ci peut prendre.

LA VIOLENCE VERBALE

La vio­lence ver­bale est la pre­mière à avoir été abor­dée. Cer­tains mots ou expres­sions véhi­culent une notion de vio­lence comme, par exemple : fils de pute, chin­toc, gros porc, grosse vache, salope, connasse, bâtard, pédé, encu­lé, tapette, les femmes n’ont pas de neu­rones etc…Mots qui font mal­heu­reu­se­ment par­tie du voca­bu­laire des ado­les­cents même si les « gros mots » sont ban­nis à la mai­son.

William Del­becq, a remar­qué qu’il n’était même pas sûr que les enfants et ado­les­cents qui uti­lisent ces mots en com­prennent vrai­ment le sens.

Du côté paren­tal, on constate que ce voca­bu­laire est uti­li­sé plus fré­quem­ment avec les mamans qu’avec les papas. Jor­dan Veillon est d’accord que cer­taines insultes peuvent bles­ser à vie, mais il estime que cer­taines autres sont en fait une forme d’auto-défense.

Le drame est qu’à force d’entendre ce lan­gage un peu par­tout, on finit par s’y habi­tuer. Les édu­ca­teurs de Savio sont vigi­lants afin d’éviter cette bana­li­sa­tion et tachent de faire com­prendre aux Savio­tins que cer­tains mots peuvent faire aus­si mal qu’un coup de poing. Ce voca­bu­laire est dif­fi­cile à com­battre car le fait de le pra­ti­quer donne aux enfants le sen­ti­ment d’appartenir à leur groupe, ce qui est ras­su­rant. Il est par­fois uti­li­sé sans que les enfants com­prennent la por­tée des mots.

William Del­becq, dans le cadre de son ensei­gne­ment du Self-defense, pra­tique des séances de gros mots : il s’agit d’utiliser un gros mot plus fort et plus violent que celui qui vient d’être pro­non­cé. Il explique que l’on peut stop­per une agres­sion par la parole.

Chris­tophe Labrousse soigne le mal par le mal : si les élèves emploient un mot vul­gaire, il en emploie un plus fort et demande aux enfants, géné­ra­le­ment sidé­rés d’entendre par­ler de la sorte leur direc­teur, s’ils sont cho­qués. De même, face à ses propres enfants, lorsque la situa­tion le néces­site, il leur déclare : je peux com­prendre ta colère, mais je ne veux pas subir ta vio­lence. Va dehors, défoule-toi et reviens ensuite. L’enfant pris au dépour­vu se calme.

Il faut tâcher de faire com­prendre aux enfants que la bien­veillance donne de meilleurs résul­tats que la vio­lence.

La vio­lence ver­bale peut se ren­con­trer éga­le­ment à l’école de la part du maître ou de la maî­tresse. L’enfant n’en parle pas for­cé­ment à la mai­son. Lorsque les parents en ont connais­sance, ils doivent s’adresser à l’aide sociale à l’enfance. Des solu­tions doivent être mises en place car les enfants vic­times de vio­lence ordi­naire sont vio­lents une fois adultes.

Cer­tains parents pré­sents ont expli­qué com­ment, face à cette vio­lence, ils sont arri­vés au bout de leurs limites et ne savent que faire pour l’endiguer. Par ailleurs, la ques­tion se pose de savoir com­ment pro­té­ger le reste de la fra­trie.

Vio­lence de l’image et, par consé­quent, des écrans et des médias. L’impact de l’image sur le cer­veau des enfants est catas­tro­phique. À l’adolescence, il faut se construire avec des inter­ac­tions alors que, de nos jours, les ados se construisent avec les écrans.

TYPOLOGIE DE LA VIOLENCE

Les inter­ve­nantes pré­sen­tèrent ensuite une typo­lo­gie de la vio­lence qui se divise en 3 grandes caté­go­ries cor­res­pon­dant aux carac­té­ris­tiques de ceux qui com­mettent l’acte violent :

La vio­lence col­lec­tive (ter­ro­risme, atten­tats, guerres, conflits)

La vio­lence auto-infli­gée (com­por­te­ments sui­ci­daires et sévices auto-infli­gés) sur les enfants

La vio­lence inter­per­son­nelle qui regroupe dif­fé­rentes caté­go­ries :

  • la vio­lence fami­liale entre membres d’une même famille. Il s’agit, en géné­ral, de mau­vais trai­te­ments infli­gés aux enfants ou aux per­sonnes âgées.
  • La vio­lence conju­gale
  • La vio­lence com­mu­nau­taire ou vio­lence entre des per­sonnes qui ne sont pas appa­ren­tées. Ce type de vio­lence inter­vient à l’extérieur du foyer et recouvre la vio­lence des jeunes, les actes de vio­lence com­mis au hasard, les viols et agres­sions sexuelles et la vio­lence en milieu ins­ti­tu­tion­nel (écoles, pri­sons, mai­sons de retraite)

Les dif­fé­rentes formes de vio­lence se carac­té­risent de la manière sui­vante

La vio­lence ver­bale 

  • humi­lier
  • inti­mi­der
  • mena­cer
  • inju­rier

La vio­lence phy­sique

  • toutes les bru­ta­li­tés phy­siques
  • uti­li­sa­tion d’une arme
  • menace de mort
  • le hap­py slap­ping

(pra­tique qui consiste à fil­mer à l’aide de son télé­phone por­table une scène de vio­lence subie par une per­sonne dans le but de dif­fu­ser la vidéo sur inter­net et les réseaux sociaux.)

La vio­lence psy­cho­lo­gique

  • mépri­ser, déva­lo­ri­ser, déni­grer ou bri­mer
  • mettre à l’écart, reje­ter, iso­ler
  • le chan­tage affec­tif
  • inti­mi­der
  • contrô­ler les sor­ties et rela­tions
  • racket­ter
  • se moquer

Les vio­lences sexuelles 

  • impo­ser des rap­ports sexuels
  • impo­ser des pra­tiques sexuelles non dési­rées
  • attou­che­ments
  • avances sexuelles déplai­santes
  • impo­ser des images por­no­gra­phiques
  • voyeu­risme ou exhi­bi­tion­nisme

Pré­sen­ta­tion d’un clip réa­li­sé par Alexan­dra Tour­nay et les jeunes han­di­ca­pés de l’IME Hen­ri Wal­lon de Châ­tel­le­rault, dont le thème est la sen­si­bi­li­sa­tion à la contra­cep­tion et aux pra­tiques sexuelles chez les jeunes han­di­ca­pés.

Les inter­ve­nantes rap­pe­lèrent que les agres­sions sexuelles sans péné­tra­tion sont des délits, alors que les viols sont des crimes jugés en Cour d’assises.

QUE FAIRE POUR TROUVER DE L’AIDE ?

  • Contac­ter la police, un méde­cin ou une infir­mière

Les lignes d’écoute :

Pour trou­ver de l’aide et se recons­truire :

L’association Inter­na­tio­nale des Vic­times de l’inceste (AIVI) pro­pose des groupes de parole à thème (la confiance en moi ; vivre en couple après l’inceste, etc.) dans des grandes villes de France, pour les vic­times de l’inceste et de pédo­cri­mi­na­li­té, ain­si que leurs proches. Pour les adhé­rents, existe aus­si un annuaire des pro­fes­sion­nels recom­man­dés (avo­cat, pédo­psy­chiatre, art thé­ra­peute…) : http://aivi.org/

L’association Enfance et par­tage a pour mis­sion de pro­té­ger et défendre les enfants vic­times de toutes formes de mal­trai­tance. Il existe des comi­tés dépar­te­men­taux. Numé­ro vert : 0800 05 1234. www.enfance-et-partage.org

La Voix de l’Enfant est une fédé­ra­tion d’associations inter­ve­nant dans 101 pays. En France, elle accueille et conseille des enfants vic­times de toutes formes de mal­trai­tance et d’exploitation, et pro­pose une per­ma­nence juri­dique télé­pho­nique (le mer­cre­di de 14h30 à 18h, Tel : 01 40 22 03 05). Pour tout ren­sei­gne­ment : 01 40 22 04 22. www.lavoixdelenfant.org

L’Ange Bleu est une asso­cia­tion de pré­ven­tion et d’information contre la pédo­phi­lie. Elle vient en aide aux vic­times, mais aus­si aux auteurs de vio­lences sexuelles sur mineurs, en orga­ni­sant notam­ment des groupes de parole en région pari­sienne. Pour tout ren­sei­gne­ment : 06 84 97 72 39 – contact@ange-bleu.com – ange-bleu.com/fr/accueil

La prochaine réunion du Cercle des Parents pas Carrés

se tiendra

le 26 mai 2018 de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h