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Une pédagogie novatrice et adaptée

L'école des parents

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Compte-rendu de la conférence-débat « Comment vivre avec les écrans ? »

LE CERCLE DES PARENTS PAS CARRÉS – 11e SÉANCE – 22 février 2020

Chris­tophe Labrousse

Direc­teur-fon­da­teur de l’École-Collège Domi­nique Savio Savio

a ani­mé cet ate­lier dont le thème était :

« Com­ment vivre avec les écrans ? »

COMPTE RENDU

Avant d’ouvrir la séance, Chris­tophe Labrousse recom­mande trois ouvrages au public pré­sent :

« La fabrique du cré­tin digi­tal » de Michel Des­mur­get dont la conclu­sion est sans appel : atten­tion ! Écrans, ; poi­son lent.

« Ces ondes qui tuent, ces ondes qui soignent » » de Jean-Pierre Len­tin

« Et si on chan­geait l’école » d’Aline Petrouch­nine qui traite entre autres du rôle dif­fé­rent des deux hémi­sphères du cer­veau et com­ment à par­tir de là adap­ter des péda­go­gies.

I – LES CONSTATS

L’objectif de l’atelier de ce matin est de faire un constat de la situa­tion et d’y appor­ter ensemble des réponses. Les écrans, les réseaux sociaux sont une cala­mi­té pour tout le monde et en par­ti­cu­lier les enfants. Les parents doivent avoir une lon­gueur d’avance par rap­port à leurs enfants et être capables de leur dire non. L’ambiance du moment fait que beau­coup de parents baissent les bras. Ce n’est pas la bonne solu­tion. Le non négo­ciable doit faire par­tie de la vie fami­liale sans dis­cus­sion pos­sible. Sur les réseaux sociaux, à la télé­vi­sion l’information est dif­fu­sée sans aucune véri­fi­ca­tion préa­lable et sans aucun filtre. La place de la TV dans la mai­son est donc impor­tante ain­si que celle des autres écrans : ordi­na­teur, smart­phone, tablette, console de jeux. Il faut comp­ta­bi­li­ser ces dif­fé­rents écrans et les loca­li­ser dans la mai­son.

À la télé­vi­sion, les images sont de plus en plus vio­lentes et agres­sives, voire por­no­gra­phiques, il faut donc évi­ter de regar­der la télé­vi­sion en man­geant. Il faut mettre en place un contrat d’engagement au sein de la famille plu­tôt que des inter­dic­tions qui sont subies et non par­ta­gées. Il fau­dra trou­ver des ter­rains d’entente et ne pas uti­li­ser le chan­tage. Le moment d’échanges doit se faire dans la salle à man­ger. Il faut tou­jours trou­ver le cadre : s’ils sont enca­drés, les enfants se sentent sécu­ri­sés. Si, en tant que parents, on laisse libre cours à toutes les bêtises, cela devient de la mal­trai­tance. En ins­tau­rant ce contrat d’engagement, il faut rap­pe­ler aux enfants qu’ils vivent chez vous. Ce contrat implique des choix et une res­pon­sa­bi­li­sa­tion. Refu­sez les smart­phones jusqu’à la classe de 4e et mieux encore jusqu’à celle de 3e. Les tablettes ont ten­dance à dis­pa­raître, mais le smart­phone qui est deve­nu la pro­lon­ga­tion de la main est un fléau.

Ana­ly­sez la place des écrans pour chaque membre de la famille et pre­nez des mesures en dis­cu­tant avec les enfants et en les res­pon­sa­bi­li­sant.

II  – LES CONSÉQUENCES

Les consé­quences sur la san­té sont dra­ma­tiques : aug­men­ta­tion des mala­dies car­dio-vas­cu­laires, réduc­tion de l’espérance de vie, séden­ta­ri­sa­tion, obé­si­té par­ti­cu­liè­re­ment pour les nou­velles géné­ra­tions. Les enfants res­tent col­lés à leurs écrans, bougent de moins en moins et ne font plus de sport. L’écran est une addic­tion comme la drogue ou l’alcool. À Savio, nous lut­tons contre ce phé­no­mène en pré­pa­rant les enfants à l’appétence de la décou­verte par la lec­ture, en leur fai­sant ren­con­trer des « per­sonnes dif­fé­rentes » des écri­vains, des musi­ciens, des artistes…Nous essayons de leur mon­trer qu’il y a du sens à faire telle ou elle chose, que la vie a du sens et nous éta­blis­sons des liens entre les dif­fé­rentes dis­ci­plines. Dans la mesure du pos­sible, nous sti­mu­lons leurs apti­tudes à créer. Il ne faut pas oublier que dans dix ans, il y aura de 67 à 70% de nou­veaux métiers ! Com­ment ceux qui n’auront pas déve­lop­pé leur créa­ti­vi­té pour­ront-ils y faire face ? Nous essayons d’anticiper le phé­no­mène en déve­lop­pant la créa­ti­vi­té des Savio­tins à tra­vers le des­sin ou l’écriture. Quant aux enfants qui sont sans arrêt sur les écrans, il faut trou­ver le moyen de leur faire tou­cher la terre, de les ancrer dans le sol.

Les consé­quences sur le com­por­te­ment sont très inquié­tantes, on enre­gistre beau­coup de sui­cides par­mi les jeunes actuel­le­ment. L’agressivité est par­tout même chez les tout-petits ! La per­mis­si­vi­té ambiante fait que dès que l’on dit non à un enfant ou un ado­les­cent on obtient une réac­tion vio­lente. Les dépres­sions de cette tranche d’âge, ain­si que les conduites à risques sont de plus en plus nom­breuses et dan­ge­reuses comme si elles étaient néces­saires pour que para­doxa­le­ment le jeune se sente vivre. Il faut leur expli­quer que l’on se construit sur des « non » et des échecs et que c’est ain­si que l’on avance.

À l’école, les consé­quences sont nom­breuses éga­le­ment : effon­dre­ment des notes, pro­blèmes de concen­tra­tion et de mémo­ri­sa­tion, lacunes dans le voca­bu­laire, dif­fi­cul­tés de com­pré­hen­sion et appa­ri­tion d’éléments « para­sites »

III – COMMENT VIVRE AVEC LES ÉCRANS

Il faut affi­cher le contrat d’engagement sur le fri­gi­daire. Il doit cor­res­pondre à l’organisation de la famille et à son fonc­tion­ne­ment interne qui peut évo­luer. Les enfants doivent être accom­pa­gnés dans leur uti­li­sa­tion des écrans. Il faut dis­cu­ter avec eux de ce à quoi ils s’intéressent, des dif­fé­rents modes d’utilisation (car les jeunes cumulent aujourd’hui plu­sieurs écrans), mettre des filtres pour les pro­té­ger et tou­jours ins­ti­tuer des horaires et éteindre les écrans deux heures avant qu’ils n’aillent se cou­cher .